Brice El Glaoui Bexter “Redemption Day, une super pub pour le Maroc”
Vous avez tourné récemment dans le fi lm Redemption Day de Hicham Haji aux côtés de grands acteurs américains. Comment s’est déroulée cette expérience ?
Hicham Haji est un ancien producteur qui vit maintenant à Los Angeles et qui a pu réunir de grands acteurs étrangers dans son film Redemption Day. C’est un film destiné à une audience américaine, tout a donc a été tourné en anglais, mais l’histoire se déroule à 80% au Maroc. C’est d’ailleurs une production entièrement marocaine. À travers ce film, Hicham Haji qui avait le contrôle total sur le script et sur l’histoire, a voulu montrer un Maroc différent, ce pays développé, leader en Afrique qui avance dans la bonne voie. On en est très fiers, car ce film va mettre en lumière le royaume et tout son potentiel cinématographique.
Le film a été présenté à Cannes d’ailleurs...
Oui, mais les festivaliers n’ont eu droit qu’aux bandes-annonces, le film est toujours en cours de montage. Le réalisateur et l’équipe finissent de l’éditer. Dans un mois ou deux, on aura droit à un premier jet.
Quel était votre rôle dans ce film ?
Je joue le deuxième rôle masculin, donc le troisième rôle à l’écran. Je suis un agent du BCIJ , le Bureau central d’investigation judiciaire marocain qui accompagne l’acteur principal Gary Dourdan, un ancien marine à la recherche de sa femme kidnappée par des partisans de Daech. Leur chef est interprété par Samy Naceri et l’histoire se déroule près de la frontière maroco-algérienne. Donc, tout au long du film, j’aide Gary Dourdan à retrouver sa femme. Je dois avouer que ça fait tout drôle de travailler auprès de ce grand acteur.
Se mettre dans la peau d’un responsable de la police a-t-il nécessité une préparation particulière ?
Il y a eu d’abord une grande préparation physique, il fallait vraiment être en forme. Ensuite, je devais jongler entre le français, l’anglais et la darija. Il fallait que je prépare très bien mes scripts pour avoir les bons accents et m’exprimer le plus naturellement possible. Trois semaines avant le tournage, j’ai suivi avec Gary un entrainement intensif de 3 à 4 heures par jour à Ouarzazate. On a travaillé avec des coachs pour préparer les cascades, apprendre à encaisser les coups ou à bien manier les armes. Ensuite, il a fallu entrer dans la peau de mon personnage qui est en première ligne pour protéger son pays : se concentrer sur ce personnage, entrer dans sa peau, s’imprégner de son caractère pour pouvoir bien l’interpréter à l’écran. Et je suis plutôt fier du travail réalisé.
Durant cette préparation, avez-vous été conseillé par de vrais policiers ?
On a effectivement eu quelques réunions avec des membres du BCIJ qui ont revu le script en détail. Ils nous ont donné beaucoup de conseils sur la façon d’aborder quelques scènes ou de réagir face à certaines situations. Ils ont surtout assisté Hicham qui venait ensuite me redonner ses feed back.
Parlez-nous de vos films et de vos précédents rôles.
J’ai eu l’opportunité l’année dernière de jouer le rôle d’un capitaine anglais dans la Palestine de 1930 dans un film indépendant coproduit par Khadij a Alami, Miss Fischer. J’ai également joué dans Greetings From ISIS, où j’interprétais le rôle d’un Européen auteur d’écrits sur des convertis radicalisés qui part en Syrie se battre auprès de “ses frères”. C’était très différent des rôles qu’on me proposait habituellement, un vrai challenge. Le film devrait sortir cette année.
Votre vie d’acteur se déroule plutôt au Maroc ?
Oui, elle est principalement au Maroc, cela fait trois ans que je suis à plein temps ici. J’ai des agents en Angleterre - où j’ai débuté -, et en Espagne qui me soumettent des projets. J’en ai réalisé quelques-uns, mais c’est au Maroc que j’enchaine les propositions et je ne vais pas m’en plaindre.
Quel oeil portez-vous sur le cinéma marocain ?
Je pense qu’on est vraiment en train de se positionner comme un Hollywood de l’Afrique. On peut en être très fiers. Du côté de la production, on est en tout cas les premiers sur le continent. Mais du point de vue talents, c’est un peu plus dur de percer. Paradoxalement, je dirais que c’est plus facile de percer à Los Angeles qu’à Casablanca, car la fréquence de travail pour un acteur est plus importante. Là bas, vous êtes tous le temps sollicité pour une audition et parfois toutes les semaines pour un tournage, ce qui fait que vous avez un fonds de roulement. Le risque au Maroc est d’être cantonné dans un style de rôles. Et moi le petit anglais qui joue beaucoup souvent l’américain, c’est un peu dur. La plupart du temps, les auditions sont pour des Iraniens, des Irakiens ou des Syriens. Diffi cile de s’imposer dans ces cas-là. Il y a aussi beaucoup d’acteurs et le métier attire de plus en plus de jeunes, ce qui est une très bonne chose. Mais là, on commence à avoir une belle compétition.
Quel est le grand rôle dont vous rêvez ?
J’aimerais bien jouer un empereur romain ou un grand personnage de l’histoire grecque. Je suis un passionné d’histoire et d’archéologie. Je n’ai pas eu encore l’opportunité par exemple de jouer des chevaliers montés à cheval, genre Games of Thrones, ça me plairait bien.
Vous vous voyez en Jules César ?
Oui j’aimerais bien. On a tellement écrit sur Jules César, son caractère, ses manies… Ce personnage symbolise toute une palette de rôles pour un acteur. Je me suis habitué au confort de la caméra, et me lancer dans un déi comme celui-là serait un vrai challenge. C’est un travail profond à faire à l’intérieur de soi, et cela m’intéresse beaucoup.
L'intégralité de l'interview est à découvrir dans le N°39 de L'Officiel Hommes Maroc,
actuellement en kiosques.